COLOMBIE – Electricité renouvelable pour un village indigène

En Colombie, nous avons eu la chance d’être accueillis dans une communauté indigène de la région Chocó, vaste étendue de forêt vierge au Nord-Ouest de la Colombie.

Cette communauté d’environ 500 membres, a reçu en 2015 l’aide d’un programme gouvernemental afin d’obtenir une électricité permanente et renouvelable.

Comment l’arrivée de cette énergie a-t-elle été préparée? Répond-elle aux besoins de la communauté? A-t-elle perturbé l’équilibre de vie local? Comment est-elle perçue par les habitants?

Haïti – Coopérative de production d’énergie locale

Perturbations et Bienfaits apporté par lobtention de l’énergie dans une communauté

Les Haïtiens, face à l’incapacité du gouvernement à fournir de manière homogène et régulière sur son territoire de l’énergie à ses concitoyens, ont recourt au système D pour leur quotidien et leur commerce.

Pourtant, la situation n’a pas toujours été ainsi. Sous le régime dictatorial, tous les Haïtiens, avaient de l’énergie. Mais de par l’instabilité politique qui s’en suivit, le réseau s’est dégradé. Il est mal entretenu, peu contrôlé, et les branchements sauvages sont nombreux, causant des coupures de courant quotidiennes et de plusieurs heures.

Dans ces conditions, il est difficile sans un système énergétique individuel de proposer des services, de développer une industrie, ou de proposer des loisirs.

En couleur, le réseau des lignes de courant alimentant les principales villes du pays. Les autres villes éloignés du réseaux

 

 

 

La coopérative locale de production électrique, un modèle alternatif pour autonomiser les régions isolées

Une coopérative de production électrique hybride (diesel/photovoltaïque) a été attribuée, conjointement par plusieurs organismes internationaux, aux habitants de trois communes du sud-ouest du pays en XXXX (date): Les Coteaux, Roche à Bateau et Port à Piment. Cette initiative, un test, vise à comprendre la pertinence et la durabilité de ce système.

A terme cette coopérative devra être autonome. Pour l’instant, NRECA, organisme international de développement électrique s’occupe de la gestion pratique de la coopérative, et de la formation du personnel sur place afin de monter en compétence dans la connaissance de la coopérative et son développement futur.

Dans nombre de cas d’aide au développement dans le monde, les projets initiés pour les populations les plus défavorisées sont laissé par l’organisme donateur sans prévision d’entretien, causant à terme pillage et abandon du bien.

En dotant la coopérative d’un conseil d’administration, d’un conseil de surveillance et en rendant les clients propriétaires de cette coopérative, une volonté d’instaurer le concept de bien commun est mise en œuvre. Aux habitants, dont les membres de la coopérative, de faire de ce bien un bénéfice pour la communauté.

Les trois communes étudiées à travers de nombreux témoignages nous ont fait comprendre que l’arrivée de l’énergie dans ces communes fut un évènement majeur.

Tout d’abord, la vie sociale s’est réorganisée, plus besoin de se coucher à la tombée de la nuit. Ensuite, les bénéficiaires ont la possibilité d’ouvrir un commerce, d’étudier pour les écoliers comme pour les adultes qui continuent leur auto-formation. Mais aussi de répondre aux besoins de communication grâce aux smartphones. Et d’enfin profiter de l’arrivée des loisirs comme la radio, la télé et d’un confort grâce aux réfrigérateurs, fers à repasser …

Tout le monde aspire à avoir de l’électricité, la vie quotidienne en est vraiment facilitée. Qui plus est un système régulier et de qualité. Ceux qui en bénéficient sont de faite très content du système, même s’ils se plaignent de son coût élevé.

Quant à la consommation d’énergie, les membres de la coopérative n’ayant que peu de ressources et peu d’appareils électriques, ils ont une utilisation très raisonnée de l’énergie. Sur une période d’un mois, ils peuvent ne consommer que 4 kWh, quand le consommateur Français en consomme 1000 kWh (hors chauffage et eau chaude). Le système de la coopérative propose un système de prépaiement, ce qui permet aux consommateurs de gérer de manière optimale leur consommation d’énergie, ainsi, pas de gaspillage et pas surprise à la facture.

Mais tout le monde n’ayant pas accès au réseau, cette coopérative produit aussi beaucoup de jalousie, parce-que trop éloigné du réseau, les lignes déployées sont dans les principales rues du centre ville, beaucoup de famille n’ont pu bénéficier du système. Par ailleurs le coût et les conditions de raccordement à la charge du client furent aussi pour plusieurs membres problématiques.

Bien sûr le souhait à la base est d’agrandir le réseau, de faire bénéficier le plus possible aux habitants des communes ces bienfaits de l’énergie. Mais ces décisions appartiennent au conseil d’administration, c’est à lui qu’il reviendra de permettre à plus d’habitants de bénéficier du raccordement à un coût moins élevé, ou d’étendre le réseau pour permettre à plus de résident d’avoir l’accès au réseau.

Une remise en question de la coopérative.

Le business plan de la coopérative, a été réalisé avec une installation hybride d’énergie, des panneaux photovoltaïques et une centrale diesel prenant le relai à la tombé du soleil. Ce plan prévoit que l’installation est à la charge des organismes financeurs, et que les consommables et les investissements futurs sont à la charge de la coopérative. Seulement ce plan, n’incluait pas de batterie pour stocker l’énergie produite dans la journée et non consommé, et bien entendu, le pic de consommation est à la tombé de la nuit. Ce qui provoque un coût de fonctionnement plus important que si l’investissement initiale avait inclus des batteries. Cependant l’investissement aurait dû être beaucoup plus conséquent ou le réseau n’aurait pu être étendu aux trois communes. Sans parler de la haute sensibilité d’un parc de batteries à un usage sans une constante surveillance. Ainsi, les organismes financeurs ont fait le choix de minimiser les risques et d’étendre le plus possible la zone de distribution.

Beaucoup auraient été satisfait et auraient utilisé au mieux le potentiel fourni. Invitant des entreprises à s’installer dans la zone, faisant un tarif préférentiel pendant la journée pour augmenter la proportion d’énergie gratuite vendu et rentabiliser la consommation d’énergie fossile du soir. Ne serait ce que pour bénéficier d’un réseau de qualité leur permettant d’assurer une production stable, des commerces, des industries. Et ainsi grâce aux bénéfices générés, le conseil d’administration aurait pu investir dans une extension de réseau ou dans un parc de batteries.

Mais, le conseil d’administration porte la plupart de ses efforts sur la critique de l’installation. Manque d’une salle de réception pour les assemblés générales, indemnités de déplacement pour les conseils d’administration insuffisante. Et le plus grand sujet de discorde est l’absence du parc de batteries, rendant la production de l’énergie consommé globalement chère pour la coopérative.

Le conseil d’administration mobilisé par un de ses membres, avocat à Port à Piment, jalousant un projet similaire de coopérative aux Anglais (ville encore plus éloigné du réseau d’EDH) ou un parc de batteries a été confié aux membres en complément au système photovoltaïque, a organisé une importante protestation devant le CEAC le jour même ou venait se rendre compte de l’installation les principaux financeurs. Si ces derniers n’avaient pas déjà investi autant dans la coopérative, ils auraient définitivement abandonné le projet.

L’après Matthew

Avec 70% de l’installation détruite après le passage de l’ouragan Matthew, se posent de nouveaux les questions chère aux conseils d’administration.

Quelle commune va être raccordé en premier ? et jusqu’à quand faudra t’il attendre pour que Port à Piment ville la plus éloigné du CEAC, soit enfin raccordé ? Qu’en est-il de l’indemnité de déplacement pour les réunions mensuelles du CA ? Et va t’on enfin avoir des batteries ?

Pour l’instant NRECA, a choisit de récupérer tout ce qui est récupérable du réseau et de raccordé en premier les Coteaux puis Roche à Bateau et attendant les nouveaux investissements pour enfin pouvoir raccorder Port à Piment, ce qui ne manque pas de créer de nouvelles tensions au sein de la coopérative.

Notre dépendance à l’énergie.

Pendant un mois, dans ces villages coupés du réseau du fait de l’ouragan Matthew, nous avons pu observer comment, font les locaux sans courant. Cela nous a aussi permis de nous rendre compte à quel point nous sommes devenus dépendant de l’énergie.

Pourtant, cette énergie est indispensable à nos activités et sans nier les bienfaits qu’elle apporte, ne pouvons-nous pas réfléchir à son utilisation. L’énergie n’est ni bonne ni mauvaise, c’est un outil, mais notre usage en fait une vraie question de cohésion sociale. Sans parler de comment nous utilisons cet outil. La plupart du temps c’est sans y réfléchir que nous branchons nos appareils, sans conscience de l’effort humain, des conséquences environnementales, de l’énergie même nécessaire à extraire et acheminer cette énergie.

Sous prétexte d’apporter les moyens de se cultiver (étude plus facile, accès à internet), l’énergie apporte surtout beaucoup de loisirs (télé, radio, réseaux sociaux) et ce gain, sans éducation, n’apporte aucun bienfait pour la culture de la société, au contraire elle peut tuer la vie et la culture locale.

Guatemala – Un lycée en bouteilles plastiques

Au bord du lac Atitlan, un des plus célèbres au monde pour sa beauté, se prépare un avenir écologique grâce à un professeur particulièrement ingénieux et persévérant. A l’aide de ses élèves, il a construit un nouveau lycée à base de bouteilles plastiques remplies de déchets plastiques !

Comment les élèves ont été impliqués, quelle est la pédagogie développée autour de ce projet ?

Au-delà de la prouesse technique, s’est également posée la question de l’acceptation administrative et populaire. Nombreux sont ceux qui n’ont pas cru possible cette construction !

Aujourd’hui, fort de cette expérience, notre professeur souhaite rendre le lycée autonome grâce aux énergies renouvelables… mais comment ?

Cuba – Projet solaire communautaire

A Cuba, le blocus économique a développé une grande culture de la débrouillardise, tout réparer, ne rien jeter. Le prix de l’énergie y est régulé par l’État pour assurer un confort à tous. Mais cette faveur n’est pas sans conséquences. Les Cubains n’ont aucun souci à consommer sans modération l’électricité, et donc pas spécialement d’intérêt non plus à passer aux énergies renouvelables. Si ce n’est par conscience écologique!

Ainsi par exemple, à Cuba nous avons vu beaucoup de scooters électriques. Mais l’électricité vient du pétrole via des centrales thermiques au rendement très mauvais. Une aberration, alors qu’ils pourraient directement utiliser des scooters à essence.

Tout comme les politiques françaises incitatives sur l’énergie ont encouragé le développement tant des véhicules diesel que du nucléaire!

Cliquez ci-dessous pour voir notre vidéo sur un projet de chauffe-eaux solaires thermiques!

 

Haïti – Coopérative d’électricité CEAC

Les Haïtiens, face à l’incapacité du gouvernement à fournir de manière homogène et régulière sur son territoire de l’énergie à ses concitoyens, ont recourt au système D pour leur quotidien et leur commerce.

Dans le sud-ouest du pays, une coopérative est en phase de test pour tenter de trouver une solution énergétique aux zones non desservies par le réseau national.

Nous nous sommes immergés pendant une dizaine de jours dans ces 3 villages pour comprendre son fonctionnement et analyser son acceptation par la population.

 

Une communauté fédérée autour de la protection de l’environnement et de la culture à Porto Rico

CASA PUEBLO

Au cours notre tour du monde, nous avons découvert dans les montagnes caribéennes de Porto Rico une communauté recherchant l’autosuffisance économique et énergétique : Casa Pueblo (CP), maison du Peuple en Français.

Cette communauté prend naissance à la fin des années 1970, quand le gouvernement Portoricain entame un projet de mine à ciel ouvert dans les montagnes de l’île. Il concerne les petites localités d’Adjuntas, Utuado et Lares, d’où provient une grande partie de l’eau potable du pays. Le nettoyage des roches extraites doit se faire par lixiviation, procédé générant une grande pollution par l’utilisation de cyanure et par les résidus d’extraction contenant des métaux lourds (cadmium, arsenic, plomb, zinc, etc).

C’est donc sous couvert d’utilité publique que la qualité, la disponibilité de l’eau seraient mis en danger, et que des milliers de citoyens seraient déplacés.

15 ans de lutte citoyenne contre le gouvernement et contre deux grandes multinationales de l’extraction sont nécessaires pour faire annuler le projet en 1995. Cette formidable mobilisation regroupée à Adjuntas pointant parfois jusqu’à 30 000 personnes donne naissance à Casa Pueblo, une maison communautaire menée par son leader charismatique Alexis Massol qui recevra quelques années plus tard le prix Goldman de l’écologie.

Aujourd’hui, CP est toujours rempli d’enthousiasme, de bonnes idées et de grands projets ! Nous y sommes restés deux semaines pour vivre l’expérience de l’intérieur…

« Entrez, cette maison est la vôtre ! »

Lorsque vous rentrez pour la première fois dans la maison du peuple, un ou une volontaire vous accueille, disant tout sourire « bienvenue dans cette maison, elle est vôtre ». Ce ne fut pas une métaphore pour nous puisque nous avons eu la chance d’y être hébergés le temps de notre étude, bien que personne n’y vive au quotidien.

Nous avons d’abord compris l’histoire et le fonctionnement de CP, vite devenu haut lieu de sensibilisation et force de proposition sur l’environnement à Porto Rico. Les prises de position de la communauté résonnent à échelle nationale, si bien qu’un grand nombre de Portoricains connaissent Casa Pueblo. Côté porte-monnaie la production de café artisanal, les panneaux solaires photovoltaïques, une boutique et quelques dons assurent l’indépendance financière de la structure.

Suite à la lutte contre le grand projet d’extraction minier, CP obtient la gérance des forêts environnantes, et les transforme en forêt-école visant à sensibiliser et éduquer les milliers de visiteurs annuels. La mobilisation continue en parallèle, permettant par exemple en 2012 l’annulation d’un projet d’oléoduc devant traverser le pays.

Nous avons pu observer ce qui constituait le lien de la communauté. Tout d’abord, un amour profond, et il est difficile de le décrire autrement, de la part de tous les volontaires et principalement du leader charismatique Alexis Massol.

Cet amour s’étend de la culture de Porto Rico aux gens de toute sorte, du simple paysan qui retrouve ici sa valeur indispensable à la société puisqu’il produit notre énergie vitale, notre alimentation, jusqu’à l’ingénieur qui élabore un système de lampe de rue six fois plus économe que les lampes actuelles à halogène. Les volontaires sont de tous âges, tous milieux, et sont prêts à donner de leur temps, de leur énergie pour faire vivre et évoluer CP, mais aussi pour accueillir et aider les visiteurs.

Du global au local, et du local au global

Au delà de cet amour indispensable, c’est autour de trois piliers que les membres de la communauté se fédèrent : Science, Culture et Communauté. Par la science, en passant par l’éducation, l’homme est plus à même notamment de comprendre et critiquer les projets qui l’entourent, qu’il finance parfois indirectement. Par la culture, CP fédère les habitants locaux qui se rassemble autour de fêtes musicales ou typiques d’une culture Portoricaine qui a besoin de se renforcer, souffrant de l’influence Américaine. Enfin par la force d’un groupe, ils sont unis, formant une entité à forte influence leur permettant d’être écoutés mais aussi de continuer à se développer.

A CP, des initiatives sont mises en place et testées afin d’apporter des alternatives locales à la mondialisation et aux biens de consommation importés. « Du global au local, et du local au global », nous répète souvent Alexis Massol. CP communique sur ses découvertes et réussites pour partager au global ce qui a été accompli à échelle locale.

Par exemple, CP s’est associé à l’un des nombreux producteurs des montagnes pour torréfier sa production et la vendre sous le nom Café Madre Isla (café de l’île mère). Cette torréfaction est un vecteur de lien avec la commune d’Adjuntas, les habitants pouvant le savourer toute l’année et sentir se répandre son odeur dans les rues les jours de production.

Depuis plus de 20 ans, pour répondre à ses besoins énergétiques, CP utilise le potentiel solaire pour ses cultures, mais aussi pour produire de l’énergie. Plusieurs systèmes se sont succédés, et aujourd’hui 24 panneaux photovoltaïques pour une puissance de 5kw sont installés sur la toiture principale. Des batteries stockent l’électricité nécessaire à la structure, et le surplus est distribué gratuitement à la commune via une connexion au réseau collectif.

L’indispensable lien culturel

L’école de musique de CP, particulièrement populaire, permet un lien supplémentaire entre la population locale et la communauté. Dans les années 90, elle a permis de faire connaitre et dé-diaboliser la communauté, à l’époque sévèrement critiquée par le gouvernement.

Cette ouverture vers la culture est relayée par une radio locale, première des Caraïbes alimenté 100% par énergie solaire. Elle constitue un vecteur de communication précieux pour la population locale, et joue un rôle d’utilité publique en donnant les informations importantes en cas de coupure générale de courant.

Nombre d’autres initiatives sont à relever comme l’élevage de papillons, la culture de salade par hydroponie, un laboratoire de recherche biologique pour prévenir et protéger l’environnement, de la recherche et développement associé à une université, et d’autres en préparation tant ce lieu bouillonne !

L’autogestion communautaire

CP montre une alternative possible. Un système d’autogestion, d’indépendance qui fonctionne localement, mais qui peut aussi fonctionner partout. CP se nourrit de la connaissance de ses visiteurs cosmopolites, et très vite Alexis Massol nous a intégré dans ce processus.

On nous a donné la parole, demandé notre avis, nos critiques sur la communauté. Et c’est là un point crucial, chacun est écouté, son opinion, ses idées, ses envies, ses capacités trouvent un sens et une reconnaissance unique !

En vivant près des membres de la communauté, chacun peut ressentir qu’une force et une joie les animent. Les volontaires sont nombreux, et pour eux, jouer un rôle dans la sensibilisation des milliers de visiteurs annuels est indispensable pour protéger leur magnifique île. Selon Alexis Massol, « ce processus de recherche d’indépendance et de décolonisation apporte un sentiment de libération et d’émancipation indescriptible ».

Cette communauté de bientôt une quarantaine d’année a su affronter des épreuves de longue haleine, de tentatives d’intimidation en politique de discrimination par les autorités locales. Mais fort de son unité et de son bon droit, elle fut et reste mobilisée et plus utile que jamais.

Merci Casa Pueblo, cette expérience fut riche et nous incitons chacun à s’en inspirer !

voir la vidéo

 

 

 

Porto Rico – Une communauté fédéré autour de l’environnement et de la culture

Casa Pueblo (maison du peuple en Français), est située à Adjuntas, au coeur des montagnes Portoricaines. Dans les années 70, un groupe de citoyens fait face à un projet de mines à ciel ouvert porté par le gouvernement, qui pour du cuivre, de l’argent et de l’or, allaient menacer la qualité de l’eau pour une grande partie du pays.

Après 15 ans de lutte, le projet est abandonné et la forêt préservée. Casa Pueblo devient alors fer de lance de la protection environnementale dans le pays. L’organisation citoyenne permet de créer des zones protégées, lutte contre d’autres grands projets, et aujourd’hui, Casa Pueblo est devenue un véritable lieu d’éducation à l’environnement et à la citoyenneté, autonome en énergie grâce à ses panneaux solaires.

 

 

Le voyage en voilier : un exemple de sobriété heureuse ?

Narticle-3-4ous avons tous l’envie de voyager pour découvrir le monde, se découvrir et être émerveillé par sa splendeur. Est-il possible aujourd’hui de le faire sans mettre à mal son bilan écologique personnel ? L’avion, on le sait, est source d’une pollution impressionnante, mais sa rapidité et son efficacité nous laissent peu d’autres choix. Pourquoi pas, alors, mettre le déplacement au cœur du voyage, autant que la destination 

A bord, une microsociété se met en place, codifiée par l’économie des réserves d’eau, énergétiques et alimentaires. De cette expérience, il est facile d’en tirer un parallèle entre les ressources embarquées et les ressources fissiles de notre planète… à utiliser avec modération !

Afin d’être autonomes le plus durablement possible, les marins rationnent leur consommation d’eau potable ou dessale de l’eau de mer. Dans notre cas, nous avions environ 5l d’eau par jour et par personne pour la toilette, la cuisine la vaisselle, la lessive. Pour la cuisine, l’eau de mer est la première ressource sollicitée, elle apporte du sel pour la cuisson (en la limitant à 1/3) et elle sert à la vaisselle (sauf pour le rinçage).

Les instruments de navigation, le pilote automatique et le réfrigérateur sont de gros postes difficilement compressibles de consommation électrique. Si le bateau se trouve démuni de sources d’énergie renouvelable, c’est le groupe électrogène ou le moteur auxiliaire qui recharge les batteries. C’est pourquoi de plus en plus de navigateurs se tournent vers les éoliennes et panneaux solaires embarqués, permettant une source d’électricité assez régulière, économique et écologique, mais réservée aux besoins primordiaux cités ci-dessus.

Nous constatons que l’expérience du voyage lent et autonome est riche d’apprentissages quant à la gestion des ressources du quotidien. Elle permet, pour des personnes sensibles à leur empreinte écologique, de se mettre en situation « forcée » de sobriété. Sur le bateau, il n’est plus possible de tourner le bouton d’eau chaude ou de chauffage, de rester des heures devant un ordinateur, comme bon nous semble, sinon on prend la part de quelqu’un autre, ou alors on compromet les conditions de la suite du voyage. On se rend compte rapidement que nous jouissons de ces éléments de confort habituels qui rythment nos journées à terre, mais que nous savons très bien nous en passer, même sur le long terme.

Ainsi, il importe à bord de repenser ses habitudes et de privilégier les divertissements simples comme la lecture, les jeux de cartes, des activités artistiques ou artisanales. Ce qui redonne toute sa place au partage collectif : apprentissage des nœuds, jeux à plusieurs, créations musicales (voir notre chanson : La Houle !), partage de livres… les instants solitaires sont également une source de recueillement dont on peut profiter à bord, il est même conseillé de ne pas les négliger !

Sur le plan humain, le bateau représente l’unique lieu de vie et d’interaction, les relations sociales s’en retrouvent chamboulées et des tensions peuvent naître de nos limites personnelles et de nos impatiences. La durée et le huis clos permettent de réparer ces erreurs, et d’éviter la récidive. Nous avons ainsi repris conscience de l’importance des mots, parfois destructeurs comme salvateurs.

article-3-3Mais ce contexte favorise surtout une rencontre très profonde, loin de nos échanges habituels succincts, avec des débats nourris, des partages de connaissances, et vivre une expérience comme celle-ci a créé un lien unique entre nous. L’arrivée sembla irréelle, et se séparer de notre équipe pour continuer la route fut un déchirement uniquement compensé par notre soif de découvertes et de nouvelles rencontres par le voyage.

Nous conseillons à tout un chacun de vivre une expérience comparable, elle sera forcément riche de sens et d’enseignements.

Transatlantique première partie : Des Sables d’Olonne aux Canaries

p1010198rVendredi 28 octobre, nous voici sur le ponton pro dans le port Olona des Sables d’Olonne. Devant nous, six catamarans aux proportions gigantesque de 42 pieds (12m), et un 38 pieds (11m), celui que nous convoierons. Après avoir pris possession du cata, une longue attente s’en suit, nous n’avons toujours pas les papiers d’immatriculation du bateau et ne pouvons naviguer sans cela…

Finalement nous larguons les amarres le 4 novembre, soit 2 jours avant le départ de la grande course solitaire du Vendée Globe. Quel soulagement et une profonde joie s’empare de nous en quittant ce port. Sentiment vite remplacé par la traversée du Golf de Gascogne qui sollicite notre résistance physique (voir vidéo). Nous dormons habillés afin d’être toujours prêt à surgir en cas de besoin pour prêter main forte au barreur à qui incombe le quart de nuit. Le catamaran est balloté dans tout les sens, ce n’est vraiment pas un bateau de navigation, plutôt une grosse caravane pour pic niquer devant une belle plage par beau temps !

Après trois jours et deux nuits de vigilance continue où nous avons affronté des vents de force 6 (39 à 49 km/h) à 7 (50 à 61km/h) sur l’échelle de Beaufort (grosse mer, houle jusqu’à 4m de haut), pour nous qui ne sommes pas amarinés, c’est une belle entrée en matière !

Après un mouillage en Espagne, nous reprenons notre cap vers le Portugal où cette fois, nous affrontons un vent de face, qui nous oblige à naviguer au près serré ! C’est une allure impressionnante car à la vitesse du vent que nous recevons, s’ajoute la vitesse du bateau, ainsi avec un vent réel de 20 nœuds (37km/h) et un bateau qui fuse à 11 nœuds, comptez 31 nœuds (58km/h) apparent !

L’équipage s’habitue de mieux en mieux à la mer, et le temps étant meilleur, nous profitons de la journée pour mieux apprendre la navigation, lire, cuisiner, observer des dauphins… la vie en mer est agréable et une bonne entente règne à bord !

Après deux nuits et un jour au Portugal qui nous permettent de nous reposer et de visiter Lisbonne, nous reprenons la mer qui est devenue beaucoup plus calme avec une moyenne de 15 nœuds (26 km/h) vers Tenerife (dans l’archipel des Canaries). Nous y arrivons mercredi 16 novembre, avec en prime la première pêche à bord le long des côtes ! Une dorade coryphène qui accompagne notre premier repas dans l’archipel, d’où nous partirons chercher les Alizées (vents portants) qui nous accompagnerons jusqu’aux Antilles.